Aligre Voyages — 16 rue Crozatier, Paris 12e | Arnaud Dubois — Expert trains de luxe depuis 18 ans
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Arnaud Dubois

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Entretien André Grouillet : 40 ans de trains légendaires à travers le monde

Entretien — Voyageur & Photographe

40 ans de trains légendaires : la passion sans compromis d’André Grouillet

Transsibérien, Rovos Rail, The Ghan, Orient Silk Road Express… Un photographe et journaliste ferroviaire raconte ses grands voyages.

André Grouillet est journaliste pour le magazine spécialisé Rail Passion et photographe ferroviaire depuis plus de quarante ans. Passionné de trains depuis l’enfance, il a parcouru le monde à bord des plus grandes lignes mythiques — du Transsibérien jusqu’à l’Outback australien, de l’Afrique australe aux steppes d’Asie centrale. Entretien avec un homme qui a fait du voyage ferroviaire une véritable philosophie de vie.
Q

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots : qui est André Grouillet, et quel rôle jouent les trains et le voyage dans votre parcours professionnel et personnel ?

R

J’ai découvert que j’étais attiré par les trains dès mon plus jeune âge. Puis je me suis aperçu que je n’étais pas seul et je me suis employé à réaliser une documentation sur le sujet, classant les différentes locomotives en fonction de leur intérêt technique. Après mon bac, je voulais être conducteur de trains ; j’ai passé le concours d’entrée et j’ai été pris. Mais je n’ai pas donné suite car, après réflexion, je ne voulais pas mélanger ma passion avec ma vie professionnelle !

Du coup, j’ai repris mes études et j’ai fini chercheur en microélectronique… rien à voir avec les trains ! L’arrivée des ordinateurs personnels, puis d’internet, a été pour moi une véritable opportunité pour élargir ma documentation, qui est devenue une très importante base de données. Une fois à la retraite, j’ai proposé mes services au magazine spécialisé Rail Passion pour lequel je rédige des articles techniques illustrés de photographies.

Q

Vous avez parcouru de nombreux pays en train. Qu’est-ce qui continue à vous fasciner dans le voyage ferroviaire, en particulier lorsqu’il s’agit de trains de luxe ou de trains privés ?

R

Ce qui continue à me fasciner, c’est la variété et la diversité des parcours, des gens rencontrés, des paysages et des trains. Savez-vous que le train est fabriqué en fonction de la demande, c’est-à-dire en fonction de la façon de vivre des habitants des pays traversés ? Le train peu confortable fabriqué en Union soviétique est très différent de celui, luxueux, fabriqué aux États-Unis, lui-même très différent des trains rapides japonais roulant sur une infrastructure spécifique. Le train est un vecteur géo-histo-socialo-politique ! Ajoutée à ma passion des trains est ma passion pour les pays visités.

Q

Quand vous entendez l’expression « train de légende », qu’est-ce que cela signifie pour vous, au-delà du simple confort ?

R

Un train de légende est un train lié à un voyage réel qui a compté dans la réussite du développement du système ferroviaire. Les grands trains américains aérodynamiques, le Mistral ou le Capitole français, le Rheingold allemand, le Train Bleu en Afrique du Sud ou le Shinkansen japonais sont de ceux-là.

Transsibérien • Zarengold
Transsibérien — Zarengold
Q

Quel souvenir vous revient immédiatement quand vous pensez à votre voyage sur le Transsibérien avec le Zarengold ? Qu’est-ce qui en fait la singularité ?

R

En 2011, après avoir remis ce voyage à plusieurs reprises, c’est décidé : nous allons enfin prendre le Transsibérien de Moscou à Vladivostok ! Mais l’accident de Fukushima a bouleversé nos plans… Heureusement, il restait des places sur le Zarengold ; celui-ci n’allait pas à Vladivostok mais à Pékin, mais ça restait le Transsibérien et, finalement, le trajet nous semblait encore plus alléchant.

Une des meilleures expériences : un voyage organisé « à l’allemande » avec sérieux pour un voyage de légende dans une grande partie de la Russie, de la Mongolie et de la Chine… un dépaysement total. Dans le train, 200 personnes dont une vingtaine de Français, une excellente ambiance avec des gens intéressants ayant beaucoup voyagé.

En Mongolie, nous avons eu un arrêt de deux heures en plein désert de Gobi avec possibilité de se promener ou de monter à dos de chameau. Personnellement, je suis resté planté devant le train, attendant l’heure la plus propice pour photographier le train en plein désert !

Locomotive du Zarengold en gare de Barabinsk, Russie, 2011
Barabinsk, Russie — septembre 2011 Zarengold • Transsibérien
Train Zarengold dans le désert de Gobi, Mongolie, 2011
Tsagan Hat, Mongolie — septembre 2011 Zarengold • Désert de Gobi

« La plus grande différence avec d’autres trains de légende réside surtout dans la longueur du trajet qui permet une très bonne immersion dans le voyage. »

USA • Canada
Amériques — California Zephyr • Le Canadien
Q

Quand vous repensez à vos voyages en train aux États-Unis et au Canada, qu’est-ce qui vous vient d’abord en tête ? Y a-t-il une ligne que vous recommanderiez particulièrement ?

R

La traversée des États-Unis et du Canada se fait à bord de trains « à peu près normaux » mais qui, vu les distances, sont équivalents à des trains de luxe. Pour notre premier grand voyage ferroviaire, nous avons traversé les États-Unis à bord du California Zephyr qui relie Chicago à San Francisco, dans une ambiance très friendly. En fait, le train est une occasion rare d’avoir le temps d’échanger durant des heures avec des Américains contents de parler avec des Français qui viennent de si loin pour prendre le train. Curieux choix alors que le billet coûtait deux fois celui de l’avion… Mais non seulement on voit le paysage, on est dedans !

Nous avons également traversé le Canada (à bord du train Canadien Toronto–Vancouver) dans les deux sens : l’aller en hiver et le retour en été, ce qui change nettement les paysages. En hiver, la neige reflète une lumière bleutée qui laisse apercevoir les traces d’animaux dans les immenses étendues vierges. Un arrêt d’une heure trente à Jasper nous a permis de voir un caribô errant sur les voies, en pleine gare !

Train Amtrak California Zephyr en gare de Chicago, 1980
Chicago, États-Unis — août 1980 California Zephyr • Amtrak
Le Canadien VIA Rail en gare de Jasper, montagnes Rocheuses, Canada, 1995
Jasper, Canada — septembre 1995 Le Canadien • VIA Rail
Australie
Australie — The Ghan • Indian Pacific
Q

The Ghan traverse un continent du nord au sud. Quel a été le moment le plus fort de ce voyage ? En quoi cette traversée australienne se distingue-t-elle ?

R

Nous avons emprunté les deux trains australiens à deux ans d’intervalle : l’Indian Pacific (Sydney–Perth) et The Ghan (Adelaïde–Alice Springs). L’Indian Pacific est vraiment un train mythique de 4 400 km qui traverse les « Blue Mountains » puis le désert de Nullarbor, qui comporte la fameuse ligne droite de 478 km parfaitement rectiligne ! Au bout de six heures de trajet en ligne droite, j’étais debout avec un groupe d’Anglais au bar… et j’ai un peu perdu l’équilibre car la ligne droite s’était terminée !

The Ghan nous a conduits à Alice Springs, dans un désert très coloré, à 300 km d’Ayers Rock/Uluru. À noter que les traversées de l’Australie permettent de contempler les animaux sauvages : des centaines de kangourous et d’éméus, les grands espaces désertiques ainsi que de nombreux villages abandonnés.

The Ghan en gare d'Alice Springs, Australie, 2002
Alice Springs, Australie — janvier 2002 The Ghan
Indian Pacific traversant le désert de Nullarbor, Australie, 2000
Désert de Nullarbor, Australie — février 2000 Indian Pacific
Afrique du Sud • Rovos Rail
Rovos Rail — Afrique du Sud
Q

Le Rovos Rail est souvent présenté comme l’un des trains les plus élégants au monde. Comment décririez-vous l’ambiance à bord, et qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur votre tour d’Afrique du Sud ?

R

La traversée de l’Afrique du Sud avec le Rovos Rail est un voyage dont nous sommes particulièrement satisfaits. Ce périple de 4 500 km en 15 jours nous a permis d’enchaîner une grande partie des lignes ferroviaires, d’agrémenter ce tour avec une journée de safari photo dans le Parc Kruger (200 km effectués dans le parc !) ainsi qu’une demi-journée pour voir des baleines à Hermanus. En gros, le train roule la nuit et les visites se déroulent de jour.

Le train lui-même est l’œuvre d’un passionné, Rohan Vos, qui a racheté des voitures et des locomotives, les a entièrement reconstruites. Le travail est particulièrement soigné : fenêtres ouvrantes malgré l’air conditionné, une observation car en queue de train avec un grand balcon à l’air libre, une voiture-restaurant parfaitement restaurée dans le style victorien, toilettes et douche privative dans de nombreux compartiments.

« Durant le voyage, le train stoppe en pleine nature et tarde à repartir. Il ne repartira que 2h30 plus tard… Le conducteur avait fini son temps de conduite et avait refusé tout service supplémentaire ! »

Locomotive Rovos Rail en gare d'Outshoorn, Afrique du Sud, 2018
Outshoorn, Afrique du Sud — octobre 2018 Rovos Rail • Pride of Africa
Asie centrale • Orient Silk Road Express
Orient Silk Road Express — Asie centrale
Q

Vous avez récemment voyagé sur l’Orient Silk Road Express. Si vous deviez en retenir une image forte, laquelle serait-ce ? Qu’est-ce que ce voyage en Asie centrale vous a apporté de différent ?

R

Ce récent voyage était, de façon générale, au niveau des précédents, réunissant environ 80 personnes parmi lesquelles un groupe de 10 Français entre lesquels l’ambiance fut excellente.

Cette route d’Asie centrale est différente des autres par le fait qu’elle traverse plusieurs pays en apparence similaires mais dans lesquels on constate bon nombre de différences. Ces pays ont quitté le giron de l’URSS et réapprennent à vivre leur culture historique après en avoir été privés. Les endroits visités, en particulier Khiva et Samarcande en Ouzbékistan, sont de fantastiques lieux de la culture ancienne.

Locomotive de l'Orient Silk Road Express à Shakhrisabz, Ouzbékistan, 2026
Shakhrisabz, Ouzbékistan — avril 2026 Orient Silk Road Express
Philosophie du voyage
Q

Avec toutes ces expériences, qu’est-ce qui, pour vous, fait qu’un train mérite vraiment le qualificatif de « mythique » ?

R

Un voyage ou un train mythique est, pour moi, un voyage qui refait un long parcours qui me rappelle ce que j’ai entendu ou lu à propos d’un de ces trains dont j’ai rêvé depuis que je m’intéresse aux trains. L’Orient Express international, le Transsibérien soviétique, le Train Bleu en Afrique du Sud ou l’Indian Pacific australien sont de ceux-là. Les prendre fait renaître l’histoire…

Q

On parle beaucoup aujourd’hui de « slow travel ». Pensez-vous que ces grands trains de légende sont une réponse crédible à cette envie de prendre le temps ?

R

Je n’ai pas rencontré beaucoup de passionnés de train durant ces voyages en train de luxe, et je pense que la réponse à la question du slow travel s’adresse précisément aux voyageurs des trains de légende. C’est eux, avant tout, qui ont compris que le voyage ne se résume pas à la destination.

Q

Pour un lecteur qui rêve de s’offrir un grand voyage en train de luxe mais hésite encore, quel serait le premier train que vous lui conseilleriez ? Et votre principal conseil avant de réserver ?

R

Il y a deux types de trains de luxe. Le « vrai » train de luxe, très raffiné, réservé à un public fortuné — le VSOE, le Rovos Rail, le Transcantabrico en Espagne. Et le train de luxe à un prix plus abordable, objet de nombreux voyages intéressants.

Le premier conseil à donner est de choisir en fonction du pays qui attire le plus. Pour en profiter au maximum, il convient d’étudier correctement le parcours et le programme proposés, et de s’attendre à vivre avec les autres participants. C’est une dimension essentielle du voyage en train de luxe, souvent sous-estimée.

Q

Avez-vous encore un « train de rêve » sur votre liste, un voyage ferroviaire que vous n’avez pas encore fait mais que vous aimeriez absolument vivre ?

R

Oui, le Japon est encore très différent de ce que j’ai déjà vécu. Ça tombe bien, un organisme de voyages pour passionnés de train en propose un l’an prochain… j’ai déjà dit que j’étais intéressé. Et ma femme aimerait bien faire la traversée de la Namibie avec le Rovos Rail. Les projets ne manquent pas !

André Grouillet sur la locomotive BB 203, Mauritanie, 2008

André Grouillet

Depuis 60 ans, André amasse photos et documents sur les chemins de fer du monde qu’il a parcourus, appareil photo autour du cou, à la recherche des engins moteurs manquant à sa collection. Cet ingénieur, ancien chercheur en microélectronique, a travaillé chez Thomson-CSF et France Télécom. Aujourd’hui à la retraite, il dépouille les 14 revues ferroviaires françaises et étrangères auxquelles il est abonné, et publie des articles illustrés dans Rail Passion. Toutes les photos illustrant cet entretien sont de sa main.

Français
English version below
English

Interview — Traveller & Photographer

40 years aboard legendary trains: André Grouillet’s lifelong passion

Trans-Siberian, Rovos Rail, The Ghan, Orient Silk Road Express… A railway journalist and photographer shares four decades of iconic train journeys.

André Grouillet is a journalist for the specialist magazine Rail Passion and a railway photographer with over forty years of experience. Passionate about trains since childhood, he has travelled the world aboard the greatest legendary lines — from the Trans-Siberian to the Australian Outback, from southern Africa to the steppes of Central Asia. An interview with a man who has made railway travel a true philosophy of life.
Q

To start, could you introduce yourself briefly: who is André Grouillet, and what role do trains and travel play in your professional and personal life?

R

I discovered my attraction to trains at a very young age. Then I realised I wasn’t alone, and I set about building a documentation on the subject, classifying different locomotives by their technical interest. After my baccalauréat, I wanted to become a train driver — I sat the entrance exam and was accepted. But I didn’t follow through because, on reflection, I didn’t want to mix my passion with my professional life!

So I went back to studying and ended up as a microelectronics researcher — nothing to do with trains! The arrival of personal computers, then the internet, was a real opportunity to expand my documentation into a very substantial database. Once retired, I offered my services to the specialist magazine Rail Passion, for which I write technical articles illustrated with photographs.

Q

You have travelled through many countries by train. What continues to fascinate you about rail travel, particularly when it comes to luxury or private trains?

R

What continues to fascinate me is the variety and diversity of routes, people encountered, landscapes and trains themselves. Did you know that trains are built according to demand — that is, according to the way of life of the people in the countries they pass through? The uncomfortable train built in the Soviet Union is very different from the luxurious one built in the United States, which is itself very different from the fast Japanese trains running on dedicated infrastructure. The train is a geo-historical-social-political vehicle! Added to my passion for trains is my passion for the countries I visit.

Q

When you hear the expression “legendary train”, what does it mean to you, beyond mere comfort?

R

A legendary train is one tied to a real journey that played a significant part in the development of the railway system. The great streamlined American trains, the French Mistral or Capitole, the German Rheingold, the Blue Train in South Africa, or the Japanese Shinkansen — these are all legendary trains.

Trans-Siberian • Zarengold
Trans-Siberian — Zarengold
Q

What memory comes to mind immediately when you think of your journey on the Trans-Siberian with the Zarengold? What makes that experience unique?

R

In 2011, after putting this trip off several times, the decision was made: we were finally going to take the Trans-Siberian from Moscow to Vladivostok! But the Fukushima accident upended our plans… Fortunately, there were still places on the Zarengold; it wasn’t going to Vladivostok but to Beijing, yet it was still the Trans-Siberian and, ultimately, the route seemed even more enticing.

It turned out to be one of the best experiences of our lives: a meticulously organised journey through a large part of Russia, Mongolia and China… a complete change of scenery. On board, 200 passengers including around twenty French travellers, an excellent atmosphere with interesting people who had travelled widely.

In Mongolia, we had an unscheduled two-hour stop in the middle of the Gobi Desert, with the option of going for a walk or riding a camel. I personally stayed planted in front of the train, waiting for the best light to photograph it in the middle of the desert!

Zarengold locomotive at Barabinsk station, Russia, 2011
Barabinsk, Russia — September 2011 Zarengold • Trans-Siberian
Zarengold train crossing the Gobi Desert, Mongolia, 2011
Tsagan Hat, Mongolia — September 2011 Zarengold • Gobi Desert

“The greatest difference from other legendary trains lies above all in the length of the journey, which allows for a truly deep immersion in the experience.”

USA • Canada
Americas — California Zephyr • The Canadian
Q

When you think back to your train journeys across the United States and Canada, what comes to mind first? Is there a North American line you would particularly recommend?

R

Crossing the United States and Canada is done aboard trains that are “more or less normal” but which, given the distances involved, are equivalent to luxury trains. For our first great rail journey, we crossed the United States aboard the California Zephyr, linking Chicago to San Francisco, in a very friendly atmosphere. The train is a rare opportunity to spend hours talking with Americans who are delighted to meet French travellers who have come all this way just to take the train. An odd choice when the ticket cost twice the price of a plane ticket… But not only do you see the landscape — you are inside it!

We also crossed Canada aboard The Canadian (Toronto–Vancouver) in both directions: one way in winter, the return in summer, which makes for very different scenery. In winter, the snow reflects a bluish light that reveals animal tracks across the vast virgin expanses. A ninety-minute stop in Jasper even gave us a chance to see a caribou wandering across the tracks, right in the station!

Amtrak California Zephyr at Chicago station, 1980
Chicago, USA — August 1980 California Zephyr • Amtrak
The Canadian VIA Rail at Jasper station, Rocky Mountains, Canada, 1995
Jasper, Canada — September 1995 The Canadian • VIA Rail
Australia
Australia — The Ghan • Indian Pacific
Q

The Ghan crosses an entire continent from north to south. What was the most powerful moment of that journey? How does this Australian crossing stand apart from your other great rail experiences?

R

We took both Australian trains two years apart: the Indian Pacific (Sydney–Perth) and The Ghan (Adelaide–Alice Springs). The Indian Pacific is truly a mythical train covering 4,400 km, crossing the Blue Mountains before traversing the Nullarbor Desert, home to the famous dead-straight 478 km stretch of track! After six hours in a perfectly straight line, I was standing at the bar with a group of English passengers… and I nearly lost my balance when the straight section finally ended!

The Ghan took us to Alice Springs, in a richly coloured desert landscape, 300 km from Ayers Rock/Uluru. The Australian crossings also offer spectacular wildlife: hundreds of kangaroos and emus, vast desert plains and numerous abandoned settlements.

The Ghan at Alice Springs station, Australia, 2002
Alice Springs, Australia — January 2002 The Ghan
Indian Pacific crossing the Nullarbor Desert, Australia, 2000
Nullarbor Desert, Australia — February 2000 Indian Pacific
South Africa • Rovos Rail
Rovos Rail — South Africa
Q

Rovos Rail is often described as one of the most elegant trains in the world. How would you describe the atmosphere on board, and what struck you most during your tour of South Africa?

R

Our journey across South Africa with Rovos Rail is one we look back on with great satisfaction. This 4,500 km, 15-day journey allowed us to cover a large portion of the country’s rail network, combined with a full day’s photo safari in Kruger National Park (200 km driven through the park!) and a half-day whale watching at Hermanus. Broadly speaking, the train runs at night and excursions take place during the day.

The train itself is the work of an enthusiast, Rohan Vos, who acquired a depot in Pretoria, bought carriages and locomotives, and had them entirely rebuilt. The craftsmanship is exceptional: opening windows despite air conditioning, an observation car at the rear with a large open-air balcony, a meticulously restored Victorian-style dining car, and private toilets and shower in many compartments.

“During the journey, the train stopped in the middle of nowhere and was very slow to depart. It wouldn’t leave for another two and a half hours… The driver had completed his permitted hours and refused any overtime!”

Rovos Rail locomotive at Outshoorn station, South Africa, 2018
Outshoorn, South Africa — October 2018 Rovos Rail • Pride of Africa
Central Asia • Orient Silk Road Express
Orient Silk Road Express — Central Asia
Q

You recently travelled on the Orient Silk Road Express. If you had to pick one vivid image or moment from that journey, what would it be? What did this Central Asian experience bring you that was different?

R

This recent journey was, overall, on a par with previous ones — bringing together around 80 passengers including a group of 10 French travellers among whom the atmosphere was excellent.

This Central Asian route differs from others in that it crosses several countries that appear similar on the surface but in which you notice many differences. These countries left the Soviet orbit and are rediscovering their historical culture after having been deprived of it. The places visited, particularly Khiva and Samarkand in Uzbekistan, are extraordinary repositories of ancient civilisation.

Orient Silk Road Express locomotive at Shakhrisabz, Uzbekistan, 2026
Shakhrisabz, Uzbekistan — April 2026 Orient Silk Road Express
The philosophy of travel
Q

With all these experiences behind you, what do you think truly earns a train the label of “mythical”?

R

A mythical train or journey is, for me, one that retraces a long route I’ve heard or read about — one of those trains I’ve dreamt about ever since I became interested in railways. The international Orient Express, the Soviet Trans-Siberian, the Blue Train in South Africa, the Australian Indian Pacific — these are all mythical trains. Riding them brings history back to life.

Q

There is a lot of talk today about “slow travel”. Do you think these great legendary trains offer a credible answer to this desire to take one’s time?

R

I didn’t meet many true train enthusiasts on these luxury train journeys, and I believe the slow travel movement speaks precisely to the travellers of legendary trains. They are the ones who have understood, above all, that a journey cannot be reduced to its destination.

Q

For a reader who dreams of taking a great luxury train journey but is still hesitating, which train would you recommend first? And what is your key piece of advice before booking?

R

There are two types of luxury train. The “true” luxury train, highly refined and reserved for a wealthy clientele — the VSOE, Rovos Rail, the Transcantabrico in Spain. And then the luxury train at a more accessible price point, which offers many equally rewarding journeys.

The first piece of advice I would give is to choose based on the country that appeals to you most. To get the most out of it, study the route and the programme carefully, and be prepared to share the experience with your fellow passengers. This social dimension of luxury train travel is essential — and often underestimated.

Q

Do you still have a “dream train” on your list — a rail journey you haven’t yet made but would absolutely love to experience?

R

Yes — Japan is still very different from anything I have experienced. As luck would have it, a travel organisation for railway enthusiasts is offering a trip there next year… and I have already expressed my interest. My wife, meanwhile, would love to travel across Namibia with Rovos Rail. There is certainly no shortage of projects!

André Grouillet on locomotive BB 203, Mauritania, 2008

André Grouillet

For 60 years, André has been collecting photographs and documents on the world’s railways, camera around his neck, tracking down the locomotives missing from his collection. A trained engineer and former microelectronics researcher, he worked at Thomson-CSF and France Télécom. Now retired, he reads the 14 railway journals — French and foreign — to which he subscribes, and publishes illustrated articles in Rail Passion. All photographs in this interview are his own.

Trains légendaires Transsibérien, Rovos Rail, The Ghan, Orient Silk Road…
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